JERSEY BOYS, Clint Eastwood (2014)

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Clint Eastwood signa sa première réalisation en 1971 avec le sulfureux et angoissant « Un frisson dans la nuit », que je vous recommande chaudement. Quarante-trois ans plus tard, le grand bonhomme taiseux et impénétrable revient sur le devant de la scène et nous gratifie d’un film charmant, enjoué, et bourré d’allégresse. Son hagiographique et décevant « J. Edgar Hoover », pour lequel il avait redoublé, selon moi, de bienveillance vis-à-vis d’un personnage diabolique et méprisable, m’avait particulièrement frustrée, malgré l’impeccable interprétation de Leonardo DiCaprio.  Ravie donc de retrouver le Clint Eastwood raconteur d’histoire, qui tire du puits de sa passion pour le rock’n’roll et le jazz une œuvre qui ne déçoit pas, et dont on ressort du tube plein la tête et flanqué d’un besoin frénétique de remuer du popotin.

« Jersey Boys » ou l’adaptation cinématographique de la comédie musicale du même nom qui retrace le parcours (romancé) du groupe  The Four Seasons, né dans les années cinquante, porté par quatre garçons du New Jersey tous issus de familles italiennes modestes, et pour certains d’entre eux aux accointances douteuses avec la mafia des alentours: Tommy Devito, fondateur et petit escroc vivant de larcins et autres magouilles, et dont les mains sont quelques peu brûlées par l’argent, Frankie Valli, l’homme à la voix nasillarde et envoûtante, petit protégé du parrain local,  Bob Gaudio, le sérieux et timide de la bande (qui écrira néanmoins tous leurs tubes) et enfin Nick Massi, au tempérament plutôt sage et effacé. Un quatuor de jeunes hommes passionnés de musique, qui connaîtra une carrière tout aussi ascensionnelle que plus ou moins brève, rattrapé et gangrené par de nombreux conflits internes, de gros soucis financiers et des  fréquentations plus ou moins louches…

Un film de plus de deux heures qui retrace le destin mouvementé de ces personnages intensément attachants, sous l’œil prévenant et indulgent d’un Clint Eastwood qui ne les égratigne guère, préférant, avec tendresse et bonhomie, leur rendre hommage et filmer, sans jugement ni prise de position, le cheminement vers la gloire  de ce groupe quelque peu tombé dans l’oubli.

Ce n’est certes pas LE film de l’année, mais il faut le voir… C’est prenant, passionnant et porté par des acteurs justes et poignants, avec au passage, un Christopher Walken sublime en « Monsieur Pègre » humaniste et dévoué, et un petit clin d’œil à l’acteur Joe Pesci, qui, nous l’apprenons au fil de l’histoire, faisait partie du cercle des connaissances des The Four Seasons, et se révèle ici en petite fouine magouilleuse et sympathique. Seul bémol, l’image, pas assez vieillie selon moi, trop propre et travaillée; mais on pardonne allègrement cette petite faute de goût  à ce joli long métrage, dont on ressort un immense sourire plaqué sur les lèvres, dans une expression figée de nunuche ravie de la crèche! Merci Monsieur Eastwood… (je suis amoureuse de vous depuis l’âge de sept ans et demi, c’est ridicule, mais il fallait que cela soit dit!).

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