PHANTOM OF THE PARADISE, Brian de Palma (1974)

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Brian de Palma c’est le cultissime «Scarface», le terrible  «Pulsions», l’effrayant «Carrie au bal du diable» ou encore le valeureux «Les Incorruptibles»… Mais Brian de Palma c’est avant tout l’inénarrable «Phantom of the Paradise» (vu il y a fort fort longtemps), long métrage ébouriffant  dont il ne me restait que des flashs, des palettes de couleurs, des maquillages outranciers et le souvenir d’avoir été captivée et émerveillée par une succession d’images chatoyantes, et un conte mélodramatique des plus savoureux. A l’occasion de ses 40 ans, ressort dans nos salles cette production singulière et sans commune mesure, en version numérique restaurée, redonnant un second souffle à une image enfin dépoussiérée et lavée à grandes eaux. Le résultat n’en est que plus précieux, une splendeur….

Rappelez-vous… Le diabolique Swan (électrisant Paul Williams) directeur des éditions «Death Records» et de la salle de concert «Paradise», dépouille sans vergogne de son œuvre un jeune compositeur surdoué, lunaire et imprudent, Winslow Leach (William Finley).

Souvenez-vous… Non content de voler une cantate de 300 pages à Leach, Swan lui ravira également  la naïve et jolie chanteuse Phoenix, (jeune femme dont Winslow était tombé éperdument amoureux lors d’un casting), poussant le jeune compositeur dans les griffes du désespoir et de la rage ; fou de douleur et pris d’une crise de démence,  le réservé musicien devenu incontrôlable, sera  défiguré suite à un malheureux accident (se jeter dans une presse à disque c’est tout de même moyennement malin). Le visage gravement brûlé et encore moins attrayant qu’à l’accoutumé, Winslow se transforme dès lors en justicier  à longue cape affublé d’un  casque en forme de bec d’oiseau pour mieux faire régner la terreur dans l’antre de Swan, bien décidé à en découdre avec le producteur véreux, et à terroriser le chanteur de rock Beef qui, bien malgré lui, ravissait l’éclatante place de vedette à Phoenix, pour le grand show d’ouverture du «Paradise»…

Film musical aux accents horrifiques pour lequel Brian de Palma invoqua l’esprit de Proust («Mais qu’est-ce que tu fous du côté de chez Swan?»), Gaston Leroux, Oscar Wilde et Hitchcock (génialissime scène de la baignoire où la seyante charlotte de douche de Beef côtoie la terrifiante ventouse à WC de Leach), tout en flirtant avec le spectre de Faust (pacte immodéré et mortifère quand tu nous tiens)…

Le  fantôme  du Paradis hurle de douleur, Phoenix chante et se trémousse (nous délectant de  petits pas de danse équins et sautillants), Swan complote tel un méphistophélique gredin et  Beef (irrésistible Gerrit Graham, mon préféré !) nous éblouit de ses attitudes de rockeur-diva capricieux et drogué jusqu’à la moelle, travesti, et d’un comique éclatant. Petite réflexion personnelle : s’il devait y avoir un remake de «Phantom of the paradise» (ce que dans l’absolu je n’espère pas) je propose le beau, grand et charismatique leader des Queens of the Stone Age, Josh Homme, dans le rôle du sémillant Beef…

Une pellicule psychotrope et kaléidoscopique d’un kitsch euphorisant et poussé à l’excès, une ode au rock bigarré  des années 70 (B.O signée Paul Williams), un humour noir des plus jubilatoire, pour un film unique, solaire, pléthorique, où le mot d’ordre est de faire une montagne d’une taupinière. Mélodrame sans limite et extrêmement amusant, ce petit bijou est pour beaucoup un véritable chef-d’œuvre, statut de film culte largement mérité…

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