MICROBE ET GASOIL, Michel Gondry (2015)

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Si j’étais une enfant de cinq ans colérique et capricieuse, je taperais des pieds et me roulerais par terre afin que l’on amène au pied de mon lit Michel Gondry qui, chaque soir – et sous la menace de mes GI Joe – serait contraint de me conter une nouvelle histoire. Magicien du cinéma, virtuose du scénario, Gondry, la bouclette rêveuse et l’œil pétillant, s’il s’est parfois ankylosé de films de moins bonne facture (L’Écume des jours), reste  un cas à part dans le paysage du cinéma français ; Michel Gondry ou le Géo Trouvetou du septième art qui s’enhardit de trouvailles et d’imagination étincelantes dans le but manifeste de nous rendre un peu plus heureux à chaque nouvelle réalisation…

L’un s’appelle Daniel, surnommé « Microbe » parce qu’il fait plus jeune que son âge et a des allures de fille. L’autre se prénomme Théo alias « Gasoil », jeune rebelle débarqué en cours d’année et pâtissant d’une érudition et d’attitudes arrogantes qui agacent au plus haut point les autres élèves. En plein virage adolescent ces deux-là ont bien du mal à rentrer dans le moule, plongés dans leurs réflexions « philosophiques » et profondes, bien loin d’un univers superficiel et des choses « à la mode ». S’attirant forcément comme deux aimants jusqu’à devenir rapidement inséparables, Microbe et Gasoil, personnages décalés, lunaires, intelligents, facétieux et seuls contre tous s’ennuient à l’approche des grandes vacances ; tandis que Microbe dessine, Gasoil passe son temps à bricoler, ongles crasseux et tête bien pleine rehaussée d’une farouche crinière noire, rêvant communément de s’échapper de leur routine et d’éviter le temps d’un été leurs familles respectives. Les méninges s’activent, les rêves s’entrechoquent et l’idée apparaît comme par magie : un moteur de tondeuse à gazon, des planches de bois, de l’huile de coude, beaucoup d’ingéniosité et les voilà concepteurs d’une « voiture-maison » des plus comique et « antiquement » coquette, prêts à s’aventurer sur les routes de France et à emprunter les chemins de la vie et de la découverte. Les deux jeunes compères, entre dolce vita, querelles infantiles, questionnements existentiels et problèmes techniques se frotteront à la dure loi de l’indépendance, aux rencontres fortuites et aux jeux de l’amour et du hasard…

Si Michel Gondry m’avait (épouvantablement) déçue avec son adaptation (grandiloquente) du roman de Boris Vian, le voici revenu en état de grâce avec ce film solaire, tendre, subtil et malicieux, road movie initiatique aux dialogues pointus et brillants et au scénario irrésistible. Les deux jeunes acteurs – Ange Dargent et Théophile Baquet – maquillés d’airs de Sylvie Testud et Jim Morrison, sont tout simplement irréprochables et terriblement attachants dans leurs rôles de gamins « à l’ancienne » qui ne sont pas sans évoquer des films tels que La Guerre des boutons (version 1962 d’Yves Robert) ou Les Quatre cents coups (François Truffaut).

 Un long métrage comme un souffle de tendresse et de fraîcheur, drôle, émouvant et indispensable…

À voir aussi :    Eternal sunshine of the Spotless Mind

                          La Science des rêves

                          Soyez sympas, rembobinez

                         The Green Hornet

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