THE NICE GUYS, Shane Black (2016)

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Au départ, aller voir ce film ressemblait à une gageure puisque, premièrement : j’ai à peu près autant d’adoration pour Russell Crowe que pour les endives au jambon (c’est peu dire), deuxièmement : ma passion pour Ryan Gosling (que j’ai tendrement surnommé « œil de veau » eu égard à un jeu peu expressif) est en dents de scie suivant le film et le personnage incarné, et troisièmement : mon nez me disait qu’il n’y aurait pas de juste milieu, ce genre de production étant soit très bonne soit très mauvaise. Bingo ! C’est, comment dire… relativement minable. Un film rigolard et enrubanné de mauvais esprit est toujours appréciable, encore faut-il que celui-ci soit réellement drôle, piquant et irrévérencieux. Shane Black (Kiss Kiss Bang Bang, Iron man 3) ne donne ici rien de tout cela et livre une réalisation insipide, beaucoup trop longue, à la fois hystérique et molle du genou où, si l’on peut constater quelques fulgurances humoristiques savoureuses (bien que trop rares), l’on enchaîne surtout des scènes pataudes avec autant de passion et d’entrain qu’un dauphin saute dans des cerceaux à Marineland. Seuls points positifs, les décors et l’ambiance délicieusement vintage, ainsi que Ryan Gosling qui se révèle particulièrement et miraculeusement doué pour la comédie…

Résumons brièvement : Russell Crowe (empâté, peu concerné et aussi crédible qu’Al Pacino dans le rôle d’une fée) se fond dans la peau d’une espèce de mercenaire qui castagne à tout-va pour défendre la veuve et l’orphelin sans jamais oublier de compter les billets, l’abnégation ayant tout de même ses limites. Ryan Gosling quant à lui, endosse la veste col pelle à tarte d’un détective privé maladroit, pleutre et soûlard vivant d’affaires peu excitantes et reluisantes, sorte de loser aussi ridicule qu’attachant. Et au milieu de ces deux personnages coulent le cadavre d’une actrice porno, l’hystérie d’une jeune femme empotée et apeurée qui cavale dans tous les sens, le sourire narquois d’une gamine collante et moralisatrice ainsi que l’embrouillamini d’un pseudo scandale écologico-économico-politico-lourdaud… Il faudra donc que nos Tic et Tac de l’esbroufe démêlent tout cela et, bien évidemment, ça n’est pas tout à fait gagné d’avance…

Reconnaissons à ce film que la première demi-heure enjouée et rafraîchissante annonçait (logiquement) une suite fameuse et déjantée. Mis à part que, tout se résume à cette première demi-heure, abandonnant l’heure et demie restante à un mauvais sketch qui s’éternise et une intrigue somme toute grotesque et bancale. Si les premières scènes convainquent, comme tout bon film américain qui se respecte l’on passe rapidement de l’impudent au bon sentiment insupportable et du bon sentiment insupportable à la petite morale dégoulinante de bien-pensance crachée par une gamine de treize ans qui fourre sa truffe de partout, ne reste jamais là où on lui dit de rester et se prend pour Wonder Woman version demi-portion. Et oui, il manquait la touche « les-enfants-sont-notre-espoir » à ce film, l’on a donc collé dans les pattes du beau Ryan Gosling une fille et, toute mignonne soit-elle, la blondinette tape rapidement sur les nerfs (n’est pas Hit-Girl dans Kick-Ass qui veut mademoiselle !). Bref, l’on a envie de lui coller quelques taloches, à l’instar de Kim Basinger heureusement peu présente, mais bien assez pour avoir le temps de constater, navré, que son jeu se présente comme subtilement médiocre et figé.

Si la réalisation est maîtrisée, si l’on bastonne agréablement dans tous les sens, si l’on sort les plus beaux costards seventies et les plus belles voitures de l’époque, cela ne suffit pas à remonter le niveau d’un film  poussif, qui patauge dans la semoule et où l’on se coltine de surcroît un Russell Crowe tout en mièvrerie bourrine, « bas du frontesque » et qui semble avoir débarqué sur le plateau de tournage par hasard, comme attiré par l’odeur d’un bon gros chèque à encaisser. Heureusement Docteur Ryan vole au secours de cette production, Mister Gosling surprenant, cabotin à souhait, impertinent, extrêmement drôle et parfaitement à l’aise là où on ne l’attendait pas. Fini le regard de poisson mort, place à l’œil pétillant, coquin et incrusté de crétinerie… Merci Ryan, tu es bien l’unique raison de voir ce navet !

The Nice guys, comme un assemblage déraisonnable et périmé de Starsky et Hutch, Austin Powers, Funky cops et Pulp Fiction

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